Pour l’occidentalen général, re-naissance, reincarnation, métempsycose, transmigration,sont des termes qui veulent dire la même chose.
Le Bouddhisme faitune grande différence entre l’ensemble des mots : re-naissance,métempsycose, transmigration et réincarnation.Apprenonsdonc à distinguer. Le cycle des renaissances, le Samsâra, est lacondition même de toute vie. Aucune existence n'y échappe, à moins deparvenir au nirvana. Cette condition est douloureuse, car elle nousoblige à revivre sans cesse, à des niveaux qui peuvent être pires queceux que nous avons connus. Si la renaissance est une obligation, laréincarnation est un choix. Elle est le pouvoir, donné à certainsindividus méritoires, de contrôler leur future naissance."
Doncpour le Bouddhisme il y a la renaissance pour les individus «non-méritoires » et la réincarnation pour les individus « méritoires».
Pour les « non-méritoires » : Re-naissance
Le cycle desrenaissances ou samsâra applicables à tous ceux qui ne sont pas «méritoires » veut qu’à la mort de l’individu, celui-ci-ci périssetotalement ; Cependant ses actes volitionnels remplis d’énergiesubsistent sous forme de « soif » de re-exister ; Ce désir, cette forcese met à la recherche d’une matrice ou ventre d’une mère pourreproduire les cinq agrégats et donner naissance à un nouvel individu ;Ce dernier n’a rien à voir avec le précédent, si ce n’est qu’il héritede ses actes sans les avoir commis.
Son devoir selon leBouddhisme est de reprendre le combat à l’endroit précis ou leprécédent l’a abandonné et par bonté faire de son mieux pour éviter auxsuivants la souffrance afin de lui permettre d’attendre le Nirvana.
Ainsi ce quitransmigre, c’est une « série » cumulant le karma de millions et demillions d’individus que le dernier récupère pour le mener à bon port.
Le Bouddhisme nousdit, qu’il faut faire le bien par altruisme, afin d’éviter à ceux quivont suivre la douleur. Au premier abord c’est une conception généreuse!
Cependant, commentêtre tenu pour responsable des actes que nous n’avons pas commis, dontnous n’avons aucun souvenirs et ce, par une personne que nous neconnaissons même pas ? Est-ce cela la Justice ?
Une image me vientà l’esprit. C’est la course de relais 4 fois cent mètres. Pour yparticiper, il faut être quatre et disposer d’un témoin qui sera passéd’un coureur à l’autre.
Les quatre coureurs formant l’équipe, se connaissent parfaitement, ilsse sont inlassablement entraînés durant des mois et des mois partageantjoies, souffrances, sueur, amitié, espoirs… Le jour de la compétitionarrive et ils sont fin prêts. Le premier, le témoin en main, s’élancedonne le maximum de lui-même et s’écroule après avoir parcouru sadistance et transmet le bâton ; Il en est de même, avec le second, letroisième… Tout repose maintenant sur le quatrième : s’il gagne lesquatre remportent la victoire, s’il perd c’est la défaite pour lesquatre. Voilà qui est juste, ils forment une équipe et c’est l’équipequi gagne ou qui perd. Ce qui est le plus important c’est cette équipecomposée de quatre individualités soudées par une même passion et unemême volonté. C’est simple ! C’est beau ! C’est crédible ! C’est juste! C’est équitable !
Revenons auBouddhisme ! Ce qui transmigre et renaît d’une vie à l’autre est selonle Bouddhisme un peu comme une course de relais 4 fois cent mètres.Dans cette course, au départ il n’y a qu’un seul coureur. Il parcourtsa distance, s’écroule ; en s’écroulant il se transforme en témoin quienregistre son temps et aussitôt se transforme en un nouveau coureurqui reprend la course au même endroit où le précédent l’a arrêtée etainsi de suite des millions et des millions de fois…Enfin le témoin estpassé une dernière fois… Le temps cumulé du premier jusqu’au derniercoureur lui donne droit à la victoire : Au Nirvana ! Une telle courseest-elle simple, belle, crédible, équitable, juste ? Pour celui quiremporte le Nirvana ? Pour ceux qui y ont participé ? …
Pour les« méritoires » : Réincarnation
Quels sont cesindividus méritoires ? Ce sont les tulkus : réincarnation d’un lamadéfunt. Le Tulku trouve sa plus haute expression dans les personnagesdu Dalaï-Lama, Pachen-Lama, Karmapa et autres grands lamas…
Rappelons que :
_ L’institution des tulkus n’appartient qu’au Bouddhisme tibétain, elle ne fait pas partie des credo du Théravada et Mahayana.
_ L’institution desTulkus est relativement récente. Karma Pakshi (1204-1283) se déclaraêtre la réincarnation de son prédécesseur et fut ainsi le premier à introduire cet aspect fondamental du bouddhisme tibétain.
_ Ce système futsuivi par Seunam Gyatso (1543-1588 ) qui après avoir reçu le titre deDalaï-Lama d’un roi Mongol instaura la lignée « tulkus » desdalaï-lamas.
_ Ensuite en 1642un autre roi Mongol, donne à Lobsang Gyatso, cinquième Dalaï-Lama(1617-1682), l’autorité suprême religieuse et politique du Tibet. Cedernier mettra en place la lignée « tulkus » des panchen-lamas.
L’actuel Dalaï-Lama a dit :[3]Lesbouddhistes disent que la renaissance est une réalité. C'est un fait.Dans le cycle connu des renaissances, que nous appelons le Samsâra, seproduit de temps en temps le phénomène de la réincarnation.
Comment parler deréalité, de fait ? Comment peut-on prendre ses désirs pour des faits ?Comment ne pas voir dans les faits historiques de l’origine des tulkusla main de l’homme ; uniquement de l’homme. Ce système était parfaitpour :
_Garder à travers les âge le souvenir des maîtres défunts.
_ Instaurer lacontinuité d’une lignée qui garderait son héritage matériel (pouvoir,monastères, terres, etc.) et spirituel (enseignements).
_ Dominer sur un peuple rendu fidèle par l’inculcation de telles croyances.
_ Instaurer au fil des années une civilisation féodale où le Dalaï-Lama était considéré comme un demi-dieu.
Le neuvième point : Lare-naissance bouddhique n’est pas crédible, ni juste. La réincarnationet le système des Tulkus est une doctrine humaine politico-religieuse,ne reposant sur aucun fait, aucune Loi physique ou spirituelle.
Extraits « Candide et le Bouddhisme » de Victor OJEDA
Nirvana: Louis de la Vallée Poussin page 46 : En outre, ils ont mal comprisles textes. Ceux-ci, les anciens ou canoniques, les modernes ouscolastiques, disent et répètent : « Celui qui mange le fruit de l’actedans une certaine existence n’est pas celui qui a fait l’acte dans uneexistence antérieure, mais n’est pas un autre. » Les indianistesoublient la seconde partie de ce théorème ; ils enseignent que, d’aprèsle Bouddha, l’homme quia fait l’acte périt tout entier, et qu’un autre,héritier des actes du premier, héritier de ses dispositions morales etde sa mémoire, renaît à sa place : ce qui transmigre, ce n’est pas lapersonne, mais « the character ». D’où cette conséquence, acceptée desang-froid et considérée comme de grande beauté morale : si l’hommedoit éviter le péché, c’est par pur altruisme et afin d’éviter à sonremplaçant les souffrances de l’enfer. ..
L’individu,à proprement parler ne renaît pas ; mais un autre, si je puis dire,renaît à sa place, et c’est pour éviter à cet autre, qui ne sera quel’héritier de ses actes, les douleurs de l’existence et aspirer auNirvâna… Telle est du moins la doctrine des livres pâlis …
Chaqueindividu, dans la longue chaîne de la vie, hérite de tout le bien et detout le mal qu’on fait ses prédécesseurs, et continuent le combat pourle Nirvâna à l’endroit même ou son prédécesseur l’a laissé. Maisl’individu _ sauf de rares exceptions _ n’est pas conscient de cequ’ont été ses prédécesseurs ni de ce que seront ses successeurs. De lasorte le bouddhiste vraiment saint ne souille pas la pureté de sonrenoncement par le désir d’une félicité dont il jouira lui-même. Saconscience cessera de sentir, mais sa vertu vivra et portera son pleineffet dans la diminution de la souffrance totale des êtres vivants.